Cinq étudiants en optométrie de l’Université de Montréal, ainsi que leur superviseur, Dr Nicolas Sylvestre, optométriste, se sont rendus au Programme de Prévention et de Lutte contre la Cécité (PPLC) à Limbé, en Haïti, du 22 au 30 septembre dernier pour vivre une semaine de stage auprès des équipiers du programme.

Il s’agit d’une seconde initiative de collaboration entre IRIS Mundial et l’École d’optométrie de l’Université de Montréal pour la mise sur pied de ce stage crédité auprès des étudiants de 4e année. D’ailleurs, étant donné la popularité du stage suite au projet-pilote de 2017, qui a su jouer un rôle de catalyseur, un 2e groupe de stagiaires a été créé et s’envolera à son tour en Haïti en février prochain. Ce projet est rendu possible grâce au partenaire d’IRIS Mundial depuis 2013, le Centre d’Éducation et de Développement intégré- Village de l’Espoir (CEDI-VE) ainsi qu’à Dr Benoit Tousignant, optométriste et professeur adjoint à l’école d’optométrie, qui agit à titre de responsable de stage.

Pascal Desjardins nous racontait, à son retour : « Ce qui m’a frappé c’est le nombre de sourires que nous voyons dans une journée. Les enfants, les adultes, les aînés, tout le monde a le sourire aux lèvres. »

PERTINENCE DU STAGE DANS LA FORMATION ACADÉMIQUE DES ÉTUDIANTS

Durant la semaine, Pascal Desjardins, Claudie Houle-Salvail, Roxanne Lefebvre, Amélie Larouche et Roxanne Arsenault ont ainsi pu se familiariser avec les principales notions en soins visuels dans ce pays à ressources limitées, en plus de diagnostiquer et traiter, selon leurs compétences, les principaux problèmes visuels rencontrés. Ce stage leur a également permis de mieux comprendre l'impact des aspects socio-économiques et politiques d’un pays sur la santé visuelle des populations et les pistes de solution pour remédier aux différentes problématiques constatées.

« Nous fûmes agréablement surpris de constater qu'il n'y a pas beaucoup de myopes à Haïti, mais nombre de fois ai-je vu des cataractes si développées que les patients ne voyaient que ''mouvement de la main''. C'était avec une profonde tristesse que je réalisais que ces patients n'avaient malheureusement pas toutes les ressources nécessaires. C’est bien que le programme soit présent dans la région pour leur faciliter l’accès aux soins! » - nous témoignait Roxanne Arsenault.

C’est avec grand enthousiasme que les étudiants ont participé au stage dans le but d’appliquer leurs connaissances en optométrie en expérimentant les réalités d’un environnement très différent des salles de classe de l’université et des cliniques d’optométrie au Québec. Ainsi, durant cette semaine chargée, deux cliniques mobiles de dépistage ont été réalisées, dont une dans une localité éloignée, où 56 patients ont été examinés, et l’autre dans une école primaire qui a permis d’examiner 80 élèves. Une journée optométrique à la clinique a par ailleurs été organisée alors que 45 patients ont pu bénéficier d’un examen complet de la vue.

« C'est fou ce qu'une simple lunette de lecture peut faire ! La mesure de la vision avant/après lunette en disait long sur le changement que l'on pouvait apporter, mais ce qui en disait encore plus c'était la réaction des gens. Leur surprise et leur sourire quand ils comprenaient qu'ils étaient en mesure de lire jusqu'aux plus petites lignes de la charte d'acuité. Ça faisait plaisir de pouvoir apporter un peu de changement, de voir que l'on avait un impact, aussi simple soit-il. » - Claudie Houle-Salvail.

Au grand bonheur des équipiers haïtiens, les étudiants ont également pu mettre sur pied divers ateliers de formation pratique et théorique pour les aider à améliorer la qualité des dépistages offerts. Puis, finalement, le groupe a pu faire une visite de courtoisie à la clinique partenaire Vision Plus au Cap-Haïtien, où ont lieu les chirurgies financées par le programme.

GRANDE APPRÉCIATION DE L’EXPÉRIENCE VÉCUE

Encore cette année, la mission s’est très bien déroulée et semble avoir été un succès auprès des stagiaires, et ce malgré les quelques imprévus survenus, faisant indéniablement partie d’un séjour à l’étranger. Plusieurs nous ont témoigné leur grande appréciation et reconnaissance quant à l’expérience qu’ils ont vécue dans ce pays d’Amérique centrale.

Par exemple, le témoignage de Claudie Houle-Salvail nous porte à réfléchir sur la vitesse du rythme de vie de la plupart des gens ici : « Au Québec nous n’arrêtons pas d’être accrochés à notre cellulaire et nous étions tous stressés avant de partir en raison de notre mode de vie avec le travail et les études. Rendu sur place, nous avons changé de « switch » : ça a fait du bien de ralentir pour prendre le rythme d’Haïti et du mode de vie de ses habitants, de décrocher afin d’avoir plus de temps et d’en profiter, puis d’être déconnectés de la technologie. »

 

De son côté, Dr Nicolas Sylvestre, nous témoignait à quel point les membres du programme permanent avaient de la gratitude et de l’enthousiasme à recevoir les stagiaires chaque année. « Je discutais avec Elvie, coordonnatrice du programme à Limbé, et je lui disais qu'on aimerait tellement tout faire et tout montrer aux équipiers, mais que c’est difficile à réaliser en une semaine. Elle m’a répondu: “oh! ne t'inquiète pas, ils ont probablement tout compris du premier coup...mais ils veulent juste que vous reveniez”… »

 

Bref, les 5 étudiants et leur superviseur ont pris le chemin du retour au Canada avec des souvenirs plein la tête après cette expérience enrichissante d’une semaine auprès du peuple haïtien. Lors des dernières semaines, ils ont eu la chance de véhiculer leurs anecdotes de mission et de transmettre leur passion aux prochains étudiants qui sont déjà fébriles de partir en février prochain!

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