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Voici Dr Élaine Giasson, optométriste et bénévole IRIS Mundial depuis le tout début de sa création. Cette dernière a effectué plus de 7 missions avec IRIS Mundial, dont la dernière au Sénégal en novembre 2018. Élaine est une personne que l’on qualifie de bonne vivante et qui a un rire contagieux ! « Elle est un atout précieux puisqu’elle a cette capacité à analyser un sujet dans sa globalité et à toujours proposer des solutions lorsqu’il y a une problématique », nous disait Marie-Chantal Hudon, bénévole et collègue d’Élaine. Outre les missions, Élaine s’implique à différents niveaux au sein de l’organisation : présence dans certains comités de travail sur le développement de projets, relecture de documents officiels, membre du conseil d’administration depuis septembre 2016, etc. Elle coordonne également les employés de sa boutique qui font un rigoureux et minutieux travail pour réparer, analyser et trier les lunettes usagées de manière continue, avant de nous les faire parvenir. Merci Élaine pour ton dévouement !

Élaine souhaitait partager avec le grand public son expérience et son implication avec l’organisation en répondant à la question : « IRIS Mundial, c’est quoi pour moi ? » :

« Au printemps 2001, je participais à une rencontre d’IRIS, Le Groupe Visuel au Lac Delage près de la Capitale-Nationale. Lors de ce week-end de formation, l’optométriste Dr Jean-Pierre Tchang a présenté les images d’une mission en Haïti qu’il avait réalisée avec certains optométristes et opticiens. Tout de suite après sa présentation, je suis allée le voir et je lui ai dit que je voulais absolument participer à la prochaine mission. J’avais toujours voulu participer à une mission à l‘étranger : quand je voyais des reportages de Médecins sans frontières, je les enviais de pouvoir faire une différence en aidant les gens qui en avaient le plus besoin. Je n’avais jamais osé donner mon nom auparavant, car je croyais que ce type de missions devait se faire sur plusieurs mois. Ayant à ce moment deux jeunes enfants, il n’était pas envisageable pour moi de m’absenter plusieurs mois, mais quand Jean-Pierre a parlé de missions d’une durée d’une ou deux semaines, j’ai sauté sur l’occasion ! C’est ainsi que mon rêve, faire partie de ce mouvement de solidarité internationale, a débuté. 

Quelques mois plus tard, je participais ainsi à la première mission d’IRIS Mundial au Pérou. Celle-ci avait lieu à Huaraz, une ville située à environ 6-7 heures de route de Lima la capitale et à plus de 3200 mètres d’altitude. Je me rappelle que, lorsque nous sommes arrivés à Huaraz, tous les membres du Club Rotary de la place nous attendaient étant donné qu’ils étaient nos partenaires pour cette mission. En débarquant de l’autobus, ils nous ont tous serrés dans leurs bras et nous ont embrassés avec tant de gratitude. Ce fut un moment très émouvant et le premier d’une longue série de moments touchants qui ont suivi par la suite !

Je crois bien que la première mission à laquelle on participe est la plus déterminante et la plus marquante, car tout est nouveau et tellement impressionnant ! On doit vite s’adapter aux conditions de vie, aux odeurs, aux difficultés à communiquer avec les gens en raison de la barrière linguistique et aux nouvelles conditions oculaires que nous n’avions jamais vues auparavant. On doit s’habituer à malheureusement voir la pauvreté de près, donc à réaliser tout ce que nous possédons et que nous prenons pour acquis. On doit aussi se familiariser avec un travail à la chaîne pour arriver à voir le plus grand nombre de personnes possible : les besoins sont tellement grands ! On doit également reconnaitre que parfois la fatigue nous rejoint et que nous devons arrêter pour nous reposer un peu, même s’il y a tant à faire, afin d’essayer de conserver la santé et la forme jusqu’à la toute fin.  On doit aussi comprendre que parfois, malheureusement, on ne peut pas aider comme on le souhaiterait. À ce moment, c’est déchirant de voir la déception chez ces gens qui attendent parfois tant de nous…

Ce sont tous ces moments qui font que l’on veut y retourner pour une deuxième mission et une troisième…

C’est aussi les rencontres que nous faisons entre bénévoles : des personnes qui veulent donner le meilleur d’elles-mêmes. Ces gens de cœur avec qui on partage un repas, une chambre, un siège dans l’autobus ou le mototaxi (mission à Iquitos). Ces gens avec qui on discute de la journée que l’on a passée, le soir, en prenant un petit verre pour décompresser. Ceux qui nous font rigoler avec leurs anecdotes de la journée, ou encore qui nous racontent un moment touchant qu’ils ont vécu. Tous ces gens, ça devient notre famille durant toute la durée de la mission et c’est le cœur gros qu’on se dit au revoir en se quittant au retour. Certains ont recroisé ma route lors de missions subséquentes et d’autres pas, mais tous font en sorte que j’ai envie de revivre tout ça encore une autre fois…

Voilà pourquoi j’y suis retournée six autres fois après Huaraz, principalement en Haïti et au Pérou (Iquitos, Labrousse, Caraz, Miragoâne, Cañete et Saint-Louis). C’est aussi pour toutes ses raisons que j’y retournerai encore et encore… »